Personne hypersensible : qu’est-ce que c’est et ce que ça signifie

Être une personne hypersensible est un trait de tempérament que partage environ une personne sur cinq. Ce que cela veut dire vraiment, pourquoi ce n’est pas une fragilité et quelles forces et quels défis cela apporte.

Une personne hypersensible est quelqu’un qui traite ce qu’il vit de façon plus profonde et plus intense : les stimulations, les émotions, les ambiances. Le concept a été décrit par la psychologue Elaine Aron dans les années quatre-vingt-dix, sous le nom de « personne hautement sensible », pour parler d’un trait de tempérament que partage environ une personne sur cinq.

Le mot important, c’est trait. Ce n’est pas un trouble, ce n’est pas une étiquette clinique et ce n’est pas quelque chose à réparer. C’est une manière d’être au monde, aussi valable qu’une autre, qui apporte des forces et aussi quelques défis.

Ce que ce n’est pas

L’hypersensibilité se confond souvent avec des choses qui sont en réalité différentes :

  • Ce n’est pas de la timidité. La timidité est une peur du regard des autres. On peut être hypersensible et pas timide pour un sou.
  • Ce n’est pas de l’introversion. Beaucoup de personnes hypersensibles sont introverties, mais environ un tiers sont extraverties. Ces choses peuvent coïncider, elles ne sont pas identiques.
  • Ce n’est ni une faiblesse ni une exagération. Ressentir avec intensité n’est pas un défaut de caractère. C’est une vraie différence dans la façon dont le système nerveux traite l’information.
  • Ce n’est pas une maladie. Il n’y a pas de pathologie derrière. C’est un trait de tempérament, comme le fait d’être plus ou moins actif.

Quand l’intensité te sature et que tu as besoin de mettre de l’ordre dans ce que tu ressens, cela aide d’avoir un espace calme, à ton rythme.

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Comment ça se remarque

L’hypersensibilité se décrit souvent à travers quatre caractéristiques qui apparaissent ensemble : un traitement profond de l’information, une tendance à saturer plus vite dans les environnements intenses, une réactivité émotionnelle et une empathie élevées, et une grande sensibilité aux détails subtils. Elles sont détaillées dans l’article reconnaître l’hypersensibilité.

Forces et défis

Cela vaut la peine de la regarder avec équilibre, car on n’en raconte souvent que la part difficile.

Parmi les forces, il y a une empathie profonde, la capacité de saisir des nuances que d’autres ne voient pas, une grande conscience des détails, la créativité et une façon d’être attentif aux besoins des autres.

Parmi les défis, il y a la sursaturation dans les lieux bruyants ou lors des journées longues, la fatigue après beaucoup de contacts sociaux, la tendance à trop ruminer et une sensibilité particulière à la critique et au conflit.

Ni la part lumineuse ni la part difficile ne définissent ta valeur. Ce sont les deux faces du même trait, et apprendre à en prendre soin permet de profiter davantage de l’une et de moins subir l’autre.

Comment bien vivre avec

Bien vivre avec l’hypersensibilité passe surtout par le respect de tes limites de stimulation : protéger des moments de calme, doser les environnements intenses et t’autoriser des pauses sans culpabilité. Il ne s’agit pas d’éviter la vie, mais de donner à ton système le temps de récupération dont il a besoin.

Questions fréquentes sur la personne hypersensible

L’hypersensibilité est-elle un trouble ?

Non. C’est un trait de tempérament, pas une maladie. Il décrit une façon plus intense de traiter les stimulations et les émotions, présente chez environ une personne sur cinq.

Être hypersensible, est-ce la même chose qu’être introverti ?

Non, même si les deux coïncident souvent. L’introversion est une préférence pour les environnements calmes ; l’hypersensibilité est une façon de traiter l’information. D’ailleurs, environ un tiers des personnes hypersensibles sont extraverties.

Peut-on cesser d’être une personne hypersensible ?

Non, car ce n’est pas un problème qui se guérit, mais un trait stable. Ce qui change, c’est la relation que tu entretiens avec lui : on peut apprendre à ménager sa sensibilité, à gérer la sursaturation et à s’appuyer sur ses forces.

L’hypersensibilité est-elle innée ou acquise ?

On la considère surtout comme un trait à base biologique, présent dès l’enfance, même si les expériences et l’environnement influencent la façon dont on la vit. Ce n’est pas quelque chose que l’on choisit ni que l’on acquiert par l’éducation.

Tu peux voir l’ensemble du sujet sur la page hypersensibilité et approfondir la facette émotionnelle dans hypersensibilité émotionnelle. Information fiable en français sur Psycom, organisme public d’information sur la santé mentale.

À noter

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Si tu ressens des symptômes intenses, contacte un professionnel de santé ou le 15 (SAMU).

Jevgeni Nietosniitty

Auteur

Jevgeni Nietosniitty

Fort d’une longue expérience dans le domaine de la psychologie, centrée sur l’estime de soi et l’anxiété. Avec plus de 15 ans passés à écrire, à former et à accompagner des personnes autour du bien-être émotionnel, Jevgeni a publié plusieurs livres sur le sujet et travaille en psychologie organisationnelle au sein de son entreprise Mentis Aurum. Il est certifié pour l’utilisation de tests cognitifs d’aptitude et de tests de personnalité professionnelle.