Symptômes de l’agoraphobie : comment la reconnaître

Les symptômes de l’agoraphobie ne se limitent pas à l’anxiété du moment : ils incluent l’anticipation, l’évitement et la dépendance à un accompagnant ou à des lieux sûrs. Ce que c’est, comment le reconnaître et quand demander de l’aide.

On traduit souvent l’agoraphobie par « la peur des grands espaces », et cette définition est trop courte, voire trompeuse. L’agoraphobie est la peur de se retrouver dans des situations d’où il serait difficile de s’échapper, ou dans lesquelles on ne pourrait pas être aidé, si une crise d’angoisse ou un symptôme effrayant survenait.

Autrement dit, ce n’est pas la peur du lieu en soi, mais la peur de ce que ton corps pourrait faire dans ce lieu, et de t’y retrouver piégé, sans pouvoir fuir ni demander de l’aide. C’est pourquoi une personne agoraphobe peut aussi bien redouter un grand espace ouvert qu’un endroit fermé et bondé. Reconnaître ses symptômes, c’est repérer non pas un seul signe, mais un ensemble qui se déploie autour de cette peur.

Les trois temps des symptômes

L’agoraphobie ne se manifeste pas seulement quand tu es dans le lieu redouté. Ses symptômes se répartissent en trois temps : avant (l’anticipation), pendant (l’alarme du corps) et autour (l’évitement et les comportements de sécurité). Les voir ainsi aide à reconnaître le problème dans son ensemble, pas seulement sa partie la plus visible.

Les symptômes dans la situation redoutée

Quand la personne se trouve dans un lieu qu’elle craint, apparaissent les symptômes de la réaction d’alarme du corps :

  • Palpitations ou cœur qui s’emballe
  • Manque d’air ou sensation d’étouffer
  • Vertiges, instabilité ou sensation d’irréalité
  • Sueurs, tremblements ou nausées
  • Un besoin urgent de sortir de là et de se mettre en sécurité

Ce sont les mêmes symptômes qu’une crise de panique, et ils ne sont pas dangereux, même s’ils font très peur.

L’anxiété anticipatoire

L’un des traits les plus caractéristiques est la peur par avance. La simple idée de devoir prendre le métro ou d’entrer dans un centre commercial déclenche déjà l’anxiété, parfois des heures ou des jours à l’avance. Cette anticipation est épuisante et, souvent, c’est elle qui fait finalement renoncer.

L’anxiété anticipatoire pèse lourd. Mettre des mots sur ce que tu redoutes et te préparer avec calme, dans un espace tranquille, peut alléger cette charge d’avance.

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L’évitement et les comportements de sécurité

La partie la plus définitoire de l’agoraphobie n’est pas les symptômes physiques, mais ce que la personne fait pour ne pas les ressentir :

  • Éviter les transports, la foule, les files d’attente ou le fait de s’éloigner de chez soi.
  • Dépendre d’un accompagnant de confiance pour sortir ou entrer dans certains endroits.
  • Chercher les sorties et les places près de la porte, au cas où il faudrait fuir.
  • Emporter des objets rassurants : de l’eau, un médicament, le téléphone toujours à portée.

Ces comportements soulagent à court terme, mais ils entretiennent l’idée que la situation est dangereuse, et renforcent donc la peur avec le temps.

Agoraphobie ou simple appréhension ?

Redouter un peu un long trajet en avion ou une salle bondée est courant et ne relève pas de l’agoraphobie. Ce qui fait la différence, c’est l’ampleur de l’évitement et son effet sur la vie. Quand la peur devient si forte qu’elle te fait renoncer à des choses qui comptent, qu’elle t’oblige à réorganiser ton quotidien autour des lieux « sûrs » ou qu’elle dure depuis des mois, on n’est plus dans la simple appréhension. Ce n’est pas une question de gravité des symptômes physiques, mais de la place que la peur prend dans ta vie.

Comment cela affecte le quotidien

À mesure que la liste des situations évitées s’allonge, la vie se rétrécit : il devient difficile d’aller au travail, de voir du monde, de voyager ou de faire de simples courses. Il est fréquent qu’apparaissent en plus un mal-être lié à tout ce que l’on renonce à faire, et parfois une humeur basse. C’est pourquoi il vaut mieux ne pas attendre que l’évitement s’installe.

Quand demander de l’aide

Si tu reconnais plusieurs de ces symptômes et qu’ils te poussent à éviter des situations du quotidien ou à dépendre des autres pour vivre ta vie, il est utile d’en parler à un professionnel de la santé mentale. L’agoraphobie répond très bien à l’accompagnement, et plus on la prend tôt, plus le chemin est simple. En cas de détresse, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24. En cas d’urgence, appelle le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes sur les symptômes de l’agoraphobie

L’agoraphobie inclut-elle toujours des crises de panique ?

Pas toujours, même si c’est le cas le plus fréquent. Certaines personnes redoutent de se retrouver piégées à cause d’autres symptômes, comme des vertiges ou des malaises, sans avoir de crises de panique complètes. Le symptôme qui définit l’agoraphobie, c’est l’évitement par peur de ne pas pouvoir s’échapper ou être aidé.

Est-ce normal d’avoir besoin d’être toujours accompagné ?

Dépendre d’un accompagnant de confiance est un symptôme typique de l’agoraphobie : la présence de cette personne fonctionne comme un comportement de sécurité. Elle soulage, mais elle entretient la peur. L’accompagnement travaille peu à peu l’autonomie.

Les symptômes physiques de l’agoraphobie sont-ils dangereux ?

Non. Ils correspondent à la réaction d’alarme du corps et, aussi intenses soient-ils, ils ne te font pas de mal. Devant des symptômes physiques nouveaux, une consultation médicale rassure et écarte d’autres causes.

Peut-on avoir une agoraphobie légère ?

Oui. Il y a des degrés. Certaines personnes évitent seulement des situations très précises et mènent une vie presque normale ; d’autres voient leur monde très réduit. Quel que soit le degré, s’en occuper tôt facilite le rétablissement.

Tu peux voir l’ensemble du sujet sur la page agoraphobie et comment la travailler dans surmonter l’agoraphobie. Information fiable en français sur Psycom, organisme public d’information sur la santé mentale.

À noter

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Si tu ressens des symptômes intenses, contacte un professionnel de santé ou le 15 (SAMU).

Jevgeni Nietosniitty

Auteur

Jevgeni Nietosniitty

Fort d’une longue expérience dans le domaine de la psychologie, centrée sur l’estime de soi et l’anxiété. Avec plus de 15 ans passés à écrire, à former et à accompagner des personnes autour du bien-être émotionnel, Jevgeni a publié plusieurs livres sur le sujet et travaille en psychologie organisationnelle au sein de son entreprise Mentis Aurum. Il est certifié pour l’utilisation de tests cognitifs d’aptitude et de tests de personnalité professionnelle.